Liste des KaZeo
Top 100
Rechercher
Communauté
S'inscrire
Samedi 21 Novembre 2009, St Edmond
Newsletter
Jeux disponibles
Articles de la rubrique "Le crime de la rue blanche"
 Accès direct à :
 
Episode_1

Mardi 26 Février 2008 à 17:31

Publié par auteurpolar dans Le crime de la rue blanche

Le crime de la rue Blanche (1)

 

Il était à peine dix heures du matin et déjà un soleil algérois écrasait Paris. Colbert n’aimait pas le mois d’août. Sa saison préférée, c’était l’automne quand le jardin du Luxembourg jaunissait. Avec un peu d’imagination, il retrouvait l’atmosphère des forêts de chênes bourbonnaises. Il avait la nostalgie de ses arrière-saisons d’enfance. Lorsque dans les bois de Saint-Fiacre, que les brindilles crissaient sous les chaussures et que les senteurs mêlées de feuilles mortes et de champignons lui ravissaient les narines. En compagnie de Evariste Colbert, son père, il cherchait les ceps qui trôneraient sur la table du Comte. Si la récolte était bonne, quelques-uns iraient rejoindre l’omelette familiale. Il aimait cette saison qui conduisait au long engourdissement de l’hiver. Le froid n’était pas encore piquant, mais l’on endurait bien les premières flambées du soir. Pour l’heure, il transpirait. Seule consolation, il pouvait ouvrir les fenêtres de son bureau qui donnait sur la Seine. Le bruit des rares automobiles errant encore dans Paris ne le dérangeait pas. Cette situation avait l’avantage d’épurer l’atmosphère de son bureau rendu smogueux par la fumée de sa pipe. Il expédiait les paperasses auxquelles aucun commissaire ne peut échapper. Apparemment, même les truands avaient pris leur quartier d’été. Il en avait profité pour aller, hier après-midi, rendre visite au notaire de la rue des Lombards, il n’est jamais trop tard pour se mettre en règle avec soi-même. Le téléphone bourdonna, Colbert reconnut de suite la voix de Mars.

- Désolé de vous déranger, Patron.

- Tu ne me déranges pas, je commençais à m’ennuyer.

- Le commissariat du IXème vient de téléphoner. On a retrouvé le cadavre d’un homme, poignardé, au fond d’un couloir de la rue Blanche.

- Tu as prévenu l’identité ?

- Ils sont en route.

- Alors, on y va.

La 403 de service était restée dans la cour. Colbert eut l’impression d’entrer dans un sauna. Sa veste repliée sur le bras gauche, la cravate légèrement dénouée, le commissaire n’aimait pas ce désordre. À peine arrivés, sur le boulevard Sébastopol, l’envie de fumer le reprit. Il remonta sa vitre, Mars se sentit obligé d’en faire de même, le temps de brûler une allumette.

- Qui a téléphoné du commissariat ?

- Gourdon, vous le connaissez ?

- Un trouillard né.

La bouche en feu, asséchée par la chaleur et l’âcreté du tabac gris, Colbert fit arrêter Mars place de l’Opéra. Le café de Paris n’était pas dans ses habitudes, mais avec ce temps-là, il ne pouvait pas faire la fine bouche. Accoudé au comptoir, il vida d’un trait le demi frais et mousseux que le garçon venait de tirer. D’un coup d’œil, il recommanda la tournée, le deuxième verre subit la même punition. Leur pause n’avait pas duré dix minutes. Un peu avant la place Saint-Georges, Colbert daigna desserrer les dents.

- Il a un nom ton macchabée ?

- Gourdon ne m’a rien dit.

 
 
Horloge
Rechercher
  • Sur le Blog
    Sur le Web avec
    Moteur de recherche
Shoutbox
Mes statistiques
  • 1 connecté(s)
    39 commentaires
    Total de 36793 visiteurs
    Depuis le 11/11/2006
    Mise à jour le 14/01/2009